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Ecrit et édité par Eleonora Pizzanelli

Green is the new black

La mode peut-elle être éthique ?

Savez-vous que la mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde après celle de l’automobile ? Bien que rentable, cette filière nécessite une remise en cause urgente de son système de production : elle est en train d’amoindrir ses ressources. Qu’elles soient animales, végétales ou humaines. Alors comment lutter contre ses conséquences dramatiques ? L’éthique et le style sont-ils si incompatibles ? Plongée immédiate au cœur de la mode écologique.

Des dommages collatéraux

Le développement durable a pris ses sources dans le rapport Bruntland de 1977 qui mettait en avant les critères environnementaux, économiques et sociaux pour le respect de toutes les générations. Différents accords ont vu le jour, comme le protocole de Kyoto en 97, ratifié en 2005 puis celui de Paris, LA COP 21 en 2015 qui tarde à entrer en vigueur. Mais la mode a-t-elle elle aussi ses protocoles, ses accords, ses rapports ?

crédit photo: DR

Des études émergent, comme celle de la Fondation Ellen McArthur mais peinent à trouver leur voix, dans un mode de production qui ne valorise pas voire très peu l’éthique. Depuis que le modèle économique de la fast fashion (Zara, Mango…. ) s’est imposé sur le marché, des retombées inattendues ont bouleversé le paysage environnemental et social international. Faut-il se souvenir de la catastrophe du Rana Plaza en 2013, un désastre humanitaire glaçant ? 

70 % des pays dans lesquels les vêtements de ces entreprises sont produits, notamment en zone de l’Asie du Sud- Est possèdent des substances dans leur fabrication qui ne sont pas interdites en France, pourtant importées dans notre territoire et revendues. L’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’environnement et du Travail est intraitable à ce sujet : toute substance sensibilisante et cancérigène dans les vêtements est prohibée en France. De nouvelles normes, comme REACH récemment intronisées sur le marché, permettent de réguler cette pénétration de particules qui peuvent provoquer irritations cutanées, allergies, troubles de la reproduction ou cancers…

crédit photo: DR

Une sensibilisation indispensable

            Des groupes, des marques, des créateurs prennent le courage de dénoncer ces pratiques et agissent. Stella McCartney propose une ligne de vêtements entièrement végan ( sans origine animale) et a réalisé un chiffre d’affaires très honorable chez le groupe Kering qui valorisait son éthique de production. D’ailleurs, de plus en plus de marques disent adieu à la fourrure, comme récemment Gucci, Diane Von Furstenberg et Maison Margiela. Un grand pas qui fait des émules dans le monde très conservateur du prêt-à-porter.

            Une jeune femme fait bouger les lignes à New York également. Clara Sharma, ancienne avocate en droit international plaide pour une mode éco-responsable, avec la création de son site Iconable. En s’intéressant au plus proche de la responsabilité sociétale dans l’industrie de mode, elle met en garde contre la violation des droits de l’homme dans ce secteur qui défie les règles et l’environnement. Son site et son statut sont réputés, à tel point que Clara Sharma fait désormais partie des parties prenantes de l’environnement à l’ONU.

crédit photo: DR

            Mais le rapport de la fondation Ellen McArthur a jeté un pavé dans la mare bien tranquille du milieu de la mode. Plus de quatre-vingt dix huti millions de tonnes de matières non renouvelables sont produites par an, avec entre autres, du pétrole (pour fabriquer les fibres synthétiques) ; les engrais (pour passer le coton) et les produits chimiques (pour les teintures). Le constat est sans appel : le cycle de production (fabrication, déplacements, destruction par combustion) représente 1, 2 de tonnes de gaz à effet de serre. Plus que l’industrie aérienne et maritime réunies ! Cette surproduction n’est bonne ni pour la planète ni pour la santé, sachant que nous consommons que soixante-dix pour cent de notre garde-robe, le reste relégué au fin fond nos placards.

           

             Les Galeries Layafette ont mis en place début 2018 un évènement- manifeste Go for good qui promeut le développement durable dans la mode. « Nous voulions devenir cette vitrine de la mode responsable, encourager cette mode et faire en sorte que nous soyons un peu moins des commerçants de bien mais aussi créateurs de liens » déclare Nicolas Houzé, instigateur de la mesure et PDG des Galeries Lafayette. En valorisant plus d’éthique à travers des labels comme Veja ou Théophile Bader, Les Galeries Lafayette s’inscrivent dans une démarche de développement social, local et écologique entreprenant. Un espace éphémère a été installé au deuxième étage des Galeries avec des produits de marques étiquetés en rose pour une « chasse à l’éthique » originale et didactique. Parrainé par Stella McCartney, cet évènement recense 400 marques qui « respectent les travailleurs et l’environnement » comme Jimmy Fairly. Un levier important pour le public dont 76%, les millenials, pense qu’il est essentiel d’acheter en fonction de ses valeurs, dans le respect et la durabilité. Il était temps !

5 conseils pour une mode éthique et responsable

 

  • Allonger la durée de vie de ses vêtements avec la méthode 333 : 33 vêtements à porter pendant trois mois.

  • Porter ce qu’on achète car on jette pour 460 milliards de dollars de vêtements dans une vie

  • Privilégier le lin, le chanvre, la laine plutôt que le coton ou le polyester qui possèdent plus de pesticides dans leur composition.

  • Eviter les vêtements antiodeurs, infroissables ou imperméables dangereux pour la santé

  • S’intéresser aux labels écologiques sans solvants

  • Et être attentif lors de ses prochains achats !

Eleonora Pizzanelli