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Ecrit et édité par Eleonora Pizzanelli

crédit photo EPV

5 Juillet 2018

Les EPV, c’est quoi ?

C’est une communauté de 1500 membres, édifiée sur le partage de valeurs communes et qui est définie sur deux critères fondamentaux :

  • L’excellence des savoir-faire

  • La diversité des parcours et des métiers.

Bref historique

Louis XIV durant son règne, a sublimé des objets touchant le corps, et, par extension, la table, la maison, pour donner la gloire à la France. Aussi, tous les pays qui ont une aristocratie présente et séculaire comme l’Angleterre, l’Italie….  comptent désormais des entreprises du patrimoine vivant. « La France a un trésor a faire fructifier ». « Quand on cherche à définir la France, les EPV sont au cœur des pensées ». D’autant plus que sur le territoire français, l’Etat reconnaît 217 métiers comme étant des métiers d’art, un inventaire colbertiste.

crédit photo DR

" Quand on cherche à définir la France, les EPV sont au cœur des pensées"

Le choc des générations

A New York, une expérience a été menée à la Parsons School of Design, comme quoi un étudiant qui maîtrise faiblement la connaissance des matériaux, et un artisan, pour qui la digitalisation et les techniques modernes lui sont inconnues entrent en confrontation de par le choc crée entre la nouvelle génération et les artisans post-révolution industrielle. Alors qu’il faudrait réunir les contraires pour justifier une synergie complète…

 

Le but est alors de créer de la tension, un arc électrique entre les éléments ancrés dans le passé et dans le patrimoine, et l’avenir, avec sa capacité à bousculer les codes pré-établis. En effet, le futur permet d’observer le phénomène de la « néo-économie » artisanale : le public, les consommateurs aiment le mythe de l’artisan. Il apprécie cette nostalgie du travail propre au temps qui passe…

 

Par conséquence, on va rechercher la collaboration « artisan-artiste » pour donner une vraie source de création et la connaissance des matériaux avec la conception des formes et des messages et de la provocation propres aux deux créateurs .

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"On va rechercher la collaboration « artisan-artiste » pour donner une vraie source de création"

Revenir à la source des choses

On admet que les consommateurs achètent pour la fonctionnalité, les émotions. Le business of émotions est une manne complète pour vendre une communauté, une culture, un art de vivre. Les EPV, dans leur rôle, sont un des plus grands fournisseurs d’émotions aujourd’hui.

De plus, le story-telling est une aussi important que le savoir-faire de l’artisan puisqu’il décrit la vie de l’Atelier, non visible par le public. L’Etat devrait de ce fait allouer un certain budget de communication pour les EPV. Dès à présent, les dirigeants des EPV parviennent à lever des fonds (100 millions d’euros) en investissant dans la BPI, malgré les critères contraignants de la BPI en termes de rentabilité a contrario de la défense du patrimoine.

Souffler de la modernité dans l’artisanat

Il faudra agir comme les 5 doigts de la main, pour créer un levier considérable de la visibilité de   l’artisanat français : le management international, le capital, le marketing et plus particulièrement la digitalisation de la communication, la distribution (le marché des EPV s’étendant à 10 villes dans le mondes, comme Los Angeles, Miami, New York, Mexico, Shangaï, Séoul….) et le design, comprenant le packaging et la collection. Cette main invisible doit toucher les esprits.

L’objectif est le suivant : créer un écosystème qui allie les EPV et les start-up afin de trouver des outils innovants pour légitimer la rencontre entre l’artisan et le digital, le local et le global.

Des solutions pour l’avenir

Il manque une sorte d’Académie des Métiers d’Art en France, qui pourrait bien intéresser 50% d’élèves étrangers et apporteraient ainsi les ressources nécessaires dans les cinq années à venir. L’Etat devrait instaurer une charte de « bonne conduite » entre les EPV et les grandes maisons, afin de partager la valeur émotionnelle du travail car les gros groupes ont tendance à en capturer l’ensemble. S’adresser aux dirigeants et aux actionnaires, pour établir la collectivité, permettre aux fabricants de pouvoir se développer, investir … requiert un travail de construction de la marque, car en tant qu’entreprise, il faut être reconnu comme entreprise du Patrimoine Vivant.

La créativité est sans cesse mise à l’œuvre dans les EPV, rappelle Gaëtan Girardeau, spécialiste et tailleur des pierres. Il faut ensuite savoir se l’accaparer !  

Eleonora Pizzanelli

La maîtrise de l'excellence

A l’instar de Colbert, intendant de Louis XIV et ministre des finances, Renaud Dutreuil a été ministre des du commerce et de l’Artisanat de 2005 à 2007 sous le gouvernement Chirac. En 2008, il devient le président de la filiale américaine du groupe de luxe LVMH. A ce jour, il dirige les EPV, les Entreprises du Patrimoine Vivant, un label qu’il a créé en 2006.