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Ecrit et édité par Eleonora Pizzanelli

Fashion Week Paris Printemps Eté 2019

Chez Yves Saint Laurent, l’extrême féminité est mise à l’honneur avec des coupes fluides et dessinées, sublimant la silhouette à travers un jeu de transparences sauvages. L’imprimé animalier à tendance tigré prend du galon et parfait l’attitude un brin insolente de la femme Saint Laurent.

Au Palace, Gucci fait des merveilles. Dans l’ancienne discothèque phares des années 1970, les looks se succèdent dans une danse fébrile et énergique. Alessandro Michele, au sommet de la créativité, colore ses tenues d’un esprit folk impétueux, jamais kitsch et toujours survolté. On finirait bien la soirée sur le catwalk !

Dior ou la beauté du mouvement. En s’inspirant en partie de l’univers de la danse, la collection SS19 de Dior est délicate et gracieuse. Les tulles et les satins de soie se mélangent pour former une esthétique de robes épurées et romantiques, semblables aux modèles de Haute- Couture. Les tombés signent une allure irréprochable aux accents aristocratiques.

Chez Chloé, place au folk et au romantisme. Les plissés, rappelant ceux de Madame Grès dominent la collection et donnent un twist élégant aux looks forts de la saison. Les nuances pastel s’immiscent dans une gamme de couleur plutôt vive, peu provocante. L’occasion de pouvoir conjuguer fougue et délicatesse dans les teintes et les textiles.

La Cité du cinéma était un lieu bien choisi par Demna Gvasalia pour le défilé Balenciaga. Sa vision futuriste et électrique pour la collection SS19 n’était pas des moindres : les looks sont à la fois innovants et modernes. Toujours à l’avant-garde, le créateur de Vêtements marque une nouvelle fois la mode par une touche d’anticipation qui ne serait pas sans rappeler les chef d’œuvre de science-fiction. Avec une inspiration lorgnant du côté du cinéma et notamment de Kubrick avec son 2001, Odyssée de l’Espace !

Dans la fleur de l’âge, Karl Lagerfeld est en constante éclosion. Sa créativité ne connait aucune limite, au contraire, elle les repousse ! Dans un décor grandiose sous la nef du Grand Palais, les silhouettes Chanel atteignent des sommets d’élégance à la française, mâtinées d’un charme spontané. Les panamas côtoient les little jacket, les imprimés les teintes maculées. Le logo est apparent mais jamais ostentatoire.

La discrétion, dernier apanage du super luxe ?

La plus belle collection de la FW SS19 demeure celle de Balmain. Tout y est : les volumes, les couleurs, les coupes. Les finitions sont maîtrisées à la perfection pour un rendu exceptionnel. Quoi dire d’autre ? Rien si ce n’est que le spectacle Balmain a été un feu d’artifice brillamment orchestré par un Olivier Rousteing tout feu tout flammes.

Clare Waight Keller continue son ascension chez Givenchy en foulées régulières, audacieuses. La couleur noire domine, élégante, mais ne masque pas les différents jeux de lumières dus aux sequins ou broderies incrustées dans les textiles. La féminité des silhouettes est exacerbée par une attention particulière donnée à la fluidité des tenues.

Il fallait bien une allée éponyme pour fêter dignement le défilé SS19 de Sonia Rykiel. La Rive Gauche a vibré au rythme du défilé mené par Julie de Libran, directrice artistique de la maison de couture parisienne.

Au comble du chic, mais toujours avec cette liberté distinctive que préconise Nathalie Rykiel,  les looks se suivent… et ne se ressemblent pas. Tant mieux ! La preuve que l’originalité fait toujours partie de l’ADN de la marque, pour mieux incarner l’image désinvolte de la parisienne.

Le défilé le plus attendu de cette collection est sans douter celui de Celine mené par Hedi Slimane. Les looks ressemblent à ne pas se méprendre à ceux de Saint Laurent… mais qu’importe, pourvu que l’ivresse dure ! La parisienne Celine est sensuelle, énigmatique et sublimée d’une couleur noire ténébreuse, à l’image d’un sfumato de Léonard de Vinci imprévisible et percutant. Un coup de maître !

Hermès joue sur sa matière phare, le cuir, pour donner une attitude encore plus cérébrale aux tenues. Au fort caractère, les looks monochromes défilent les uns après les autres dans une cadence énergique et rythmée. La femme Hermès s’affirme en pastel, en vert ou en lie-de-vin : de quoi former une gamme de coloris spécialement dédiés à l’hiver.

Des miracles dans une cour des miracles.

Le show de Comme des Garçons a réveillé l’ensemble du milieu de la mode avec ses looks percutants aux volumes désorganisés. Tantôt fin XVIIIème siècle, tantôt XXIème siècle crépusculaire, Yojhi Yamamoto et Rei Kawakubo définissent les lignes de leurs créations par une déstructuration élaborée et bien pensée. L’ordre dans le chaos, en somme.

Pour clôturer le bal des défilés, Louis Vuitton a pris les quartiers de la cour carrée du Louvre pour un show futuriste. Coupes radicales, looks métallisés non sans rappeler ceux de Paco Rabanne et de Thierry Mugler… Nicolas Ghesquière tape fort. Et réalise un tour de force : placer de la modernité dans l’intemporalité. L’immuabilité de Vuitton se trouve désormais au cœur du virage saisissant du futur de la mode.

Eleonora Pizzanelli

Crédits photo: Fashion Network